B2I

Introduction

 Le brevet informatique et internet (B2i) a été instauré par la note de service 2000-206 du 16 novembre 2000, publiée par le Bulletin officiel de l’Éducation nationale (BOEN) N° 42 du 23 novembre 2000. Ce texte définit les niveaux 1 (école ) et 2 (collège) du B2i.

Par note du 1er décembre 2000, le directeur du cabinet du ministre de l’Éducation nationale demande à l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) d’enquêter sur la mise en place de ce brevet dans les collèges et les écoles au cours de l’année 2000-2001. Le rapport doit être rendu le 20 juillet 2001, et un rapport d’étape remis dès le 31 mars 2001.

Le dispositif d’enquête mis en œuvre est le suivant :

  • Les recteurs fournissent aux rapporteurs de l’enquête les renseignements concernant les mesures d’information et d’incitation prises dans l’académie pour la mise en œuvre du B2i.
  • Pour les collèges : les corps d’inspection, essentiellement les IA-IPR (inspecteurs d’académie – inspecteurs pédagogiques régionaux) de toutes les disciplines, mobilisés à cet effet par les recteurs et les correspondants académiques de l’IGEN renseignent, lors de leurs passages dans les collèges, une fiche portant sur la mise en place du brevet dans l’établissement. Deux séries de visites sont prévues : l’une avant la remise du rapport d’étape, l’autre avant la fin de l’année scolaire. Ce dispositif d’enquête a été élaboré pour marquer clairement l’implication de toutes les disciplines dans la mise en œuvre du B2i au collège ; plus d’une centaine de collèges ont été visités, très majoritairement par des IA-IPR, et sans exclusive de discipline.
  • Pour les écoles : le groupe de l’enseignement primaire de l’inspection générale est chargé de l’enquête. Lors de leurs passages dans les écoles, les inspecteurs généraux du groupe renseignent un fiche au cours d’un entretien avec le directeur de l’école et éventuellement des enseignants. Plus de 60 écoles ont été visitées. En outre, dans plusieurs départements, des IEN (inspecteurs de l’éducation nationale) ont eux-mêmes effectué l’enquête, parfois dans toutes les écoles de leur circonscription. Plus de 60 questionnaires ont ainsi été collectés. Enfin, une étude plus approfondie a été conduite dans quatre circonscriptions d’IEN réparties sur l’ensemble du territoire national. Les conclusions de ces quatre études ont été transmises à l’inspection générale accompagnées d’une synthèse de l’inspecteur d’académie directeur des services départementaux et du recteur de l’académie.

 

Mesures nationales en œuvre au cours de

l’année 2000-2001

 

Prévue pour la fin août 2000, la publication de la note de service définissant les B2i niveau 1 et niveau 2 n’a pu intervenir que le 23 novembre 2000, compte tenu des délais nécessaires à la concertation avec les instances représentatives.

 

Dispositif d’information et d’incitation

Le 23 octobre 2000, lors d’une réunion nationale organisée par la direction de la technologie, les conseillers TICE (technologies d’information et de communication dans l’enseignement) auprès des recteurs sont informés de la mise en place prochaine du B2i.

 

 

Le 11 janvier 2001 une zone consacrée au B2i est ouverte sur le site eduscol de la direction de l’enseignement scolaire. On y précise en particulier que la validation du B2i peut commencer dès la présente année scolaire dans les écoles et les collèges. Un ensemble de réponses à des “ questions fréquemment posées ” cadre clairement le dispositif. Durant le seul mois de juin, cette zone a connu plus de 3000 connexions.

Le 13 mars 2001, le directeur de l’enseignement scolaire adresse une note aux recteurs et aux directeurs des services départementaux de l’éducation nationale. Il y indique qu’il “ importe que vous mettiez tout en œuvre pour favoriser la mise en place du brevet informatique et internet… ”. Le directeur insiste sur l’utilisation du site eduscol, et joint en annexe de la note le modèle d’attestation à utiliser pour marquer la validation du B2i. Il reste à la charge des établissements d’imprimer les attestations à partir des modèles publiés, ce qui peut entraîner une baisse de la qualité de présentation. Il serait utile de créer des attestations dont la forme marque une qualité matérielle et graphique : documents imprimés au niveau national ou cartes au format d’une carte de crédit par exemple.

 

 

La circulaire du directeur de l’enseignement scolaire préparant la rentrée scolaire 2001 dans le premier degré (adressée fin mars 2001 aux recteurs et inspecteurs d’académie directeurs des services départementaux de l’éducation nationale (IA-DSDEN) et publiée au BOEN du 29 mars) consacre un paragraphe aux technologies d’information et de communication. La note insiste sur le fait que les attestations concernant le B2i doivent être délivrées sans attendre l’année 2002-2003 (date prévue pour la généralisation du B2i dans les écoles). La même note demande que toutes les formations proposées aux maîtres comportent un volet relatif à l’utilisation des technologies d’information et de communication.

La circulaire de préparation de la rentrée dans les collèges (BOEN N° 24 du 14 06 2001) consacre un paragraphe au brevet informatique et internet, en insistant sur le fait que les professeurs de toutes les disciplines sont concernées et qu’il convient que les principaux “ mobilisent les équipes pédagogiques ”.

Bien que cela soit implicite, car les SEGPA (sections d’enseignement général et professionnel adapté) font partie des collèges, il aurait sans doute été utile de mentionner à nouveau le B2i dans les paragraphes consacrés aux SEGPA, dont les élèves sont a priori fortement concernés par ce dispositif de valorisation de l’utilisation des TIC et d’attestation des compétences acquises.

 Aménagements apportés au dispositif initial

 Le 29 mars 2001, une note publiée au Bulletin Officiel aménage légèrement le dispositif en permettant que le B2i niveau 2 soit validé au lycée d’enseignement général et technologique pour les élèves qui n’auraient pas obtenu cette validation au collège.

La circulaire de préparation de la rentrée dans les lycées professionnels (circulaire 2001-094 BOEN N° 23 du 27 juin 2001) complète ce dispositif en permettant la validation du B2i niveau 2 dans les lycées professionnels.

En l’état actuel des textes, le B2i école peut être validé au début de la scolarité au collège, le B2i collège peut être validé au lycée. Se pose donc le problème pratique suivant : la feuille de position concernant les compétences validées peut-elle commodément suivre l’élève d’une classe à l’autre à l’école, d’une classe à l’autre au collège, et d’un établissement à l’autre ? Il convient d’étudier des méthodes permettant – dans le respect des textes sur les fichiers nominatifs – de garder mémoire des compétences validées : carte à puce en possession de l’élève, données liées aux applications informatiques de gestion des élèves , etc.

 Production de documents pédagogiques

Dès le début du mois d’octobre 2000, un groupe de travail comportant des membres des corps d’inspection et des enseignants des écoles et des collège est mis en place sous la responsabilité de la direction de la technologie en vue de rédiger des fiches pédagogiques montrant comment les compétences relatives au B2i peuvent être validées dans l’enseignement des différents champs disciplinaires à l’école et des diverses disciplines au collège. Début avril 2001, une zone B2i est ouverte sur le site educnet de la direction de la technologie, pour mettre à disposition des enseignants les fiches pédagogiques rédigées par le groupe national. Cette zone a connu 43 000 consultations au mois de mai 2001, 25 000 en juin 2001, et au total 85 000 connexions entre le 23 avril et le 8 juillet. Les connexions ont en général lieu en dehors du temps scolaire. Ces statistiques témoignent d’un réel intérêt des enseignants pour ces fiches, intérêt d’ailleurs confirmé sur le terrain, en particulier dans les écoles.

Il convient en outre de remarquer que l’intérêt suscité chez les enseignants par le B2i a entraîné et va entraîner l’apparition sur le marché de plusieurs produits commerciaux destinés à aider les professeurs et les élèves pour ce brevet. Il s’agit d’un indice positif, mais porteur de dérives. La production d’outils pédagogiques diversifiés visant à contribuer au travail des enseignants est a priori utile, mais, pour ce qui concerne le B2i, il faut rappeler fortement que l’expression B2i appartient au ministère de l’éducation nationale et ne peut être utilisée sans son accord. Tant dans les collèges que dans les écoles, on observe des amorces de dérives, où l’on organise une “ préparation ” au B2i et un “ examen ” du B2i, au cours duquel les compétences sont validées indépendamment d’une utilisation effective des TIC dans l’enseignement des divers champs disciplinaires. On doit veiller à ce que les documents produits, tant par l’institution que par le secteur privé, ne contribuent pas à alimenter la dérive. consistant à transformer le B2i en un examen terminal. Le fait que le ministère ait, seul, à sa disposition, l’utilisation de l’expression B2i constitue à cet effet un puissant levier.

  Un temps très bref a séparé la décision gouvernementale de création du brevet informatique et internet de sa mise en place par le ministère de l’éducation nationale, qui a réagi promptement, et a rapidement élaboré un système d’incitation et d’information et un dispositif de création et de diffusion de documents pédagogiques. De même, le dispositif a été rapidement complété par la possibilité de validation du B2i niveau collège dans les lycées, tant professionnels que généraux et technologiques.

 

Mesures académiques en œuvre au cours de

l’année 2000-2001

Dans leur très large majorité les académies ont mis en place, entre décembre 2000 et juin 2001 des actions spécifiques de nature à aider les écoles et les collèges à s’approprier le B2i et à s’engager dans la validation des compétences des élèves.

 Information

 Dans le schéma le plus souvent rencontré, le conseiller TICE du recteur (CTICE) a attiré l’attention des inspecteurs d’académie directeurs des services départementaux et des IA-IPR dès la parution du texte au BOEN. Des courriers ont été adressés aux IEN et aux principaux de collège une fois mis en place un dispositif académique d’information ou d’animation, au début de l’année 2001. Il faut noter l’importance déterminante de tels courriers et peut-être s’en étonner : un texte officiel, publié au BOEN et connu d’un chef d’établissement, ne semble prendre d’existence réelle qu’après un renforcement par les autorités académiques ou départementales “ L’effet académie ” joue alors pleinement. Les visites de collèges montrent sans aucune ambiguïté le rôle “ déclencheur ” de ces incitations locales à la mise en œuvre.

 

Impulsion et coordination

 Les dispositifs mis en place par les académies dépendent très naturellement des structures existantes. Dans la plupart des cas la coordination revient au CTICE (dans une académie au délégué académique à l’enseignement technique, positionnant ainsi nettement le B2i dans le champ de la technologie au collège, ce qui n’est pas conforme à l’esprit du texte). On a vu apparaître au cours du premier semestre de l’année 2001 des espaces spécifiques au B2i sur les sites académiques ; au delà du rappel des textes réglementaires, ces sites proposent des ressources constituées par des groupes de travail académiques. Des réunions ont été organisées soit en direction des animateurs TICE de proximité (district, bassin …) soit des personnes-ressource de collège, afin d’expliciter les textes et d’échanger sur les modalités pratiques d’organisation. Les “ établissements pilotes ” retenus par l’académie dans le cadre de l’opération nationale ont parfois fait l’objet de sollicitations spécifiques.

 

 

La demande de participation adressée aux IA-IPR pour mener l’enquête dans les collèges a globalement été suivie d’effet, même si l’on peut regretter, dans quelques cas, la spécialisation d’un chargé de mission unique sur cette action. Il importe de souligner la diversité des disciplines des inspecteurs qui ont contribué à renseigner les fiches de visite, mais aussi la cohérence des regards qu’ils ont portés sur les situations observées. Cette implication de tous revêt un caractère symbolique aux yeux des enseignants et il faut se féliciter de l’engagement collectif des corps d’inspection, dans les académies où il existe.

 Production

 Un travail académique de production est entrepris : création de documents d’auto-évaluation, de cahiers de compétences, de recueils de séquences pédagogiques en relation avec les programmes en vigueur et permettant la validation de compétences. Des applications informatiques destinées au suivi de la validation dans le temps (en cours d’année comme d’une classe à l’autre) sont en développement. Une méthode consiste à créer une base de données en liaison avec le fichier des élèves, et à rendre accessible l’information sur l’intranet du collège ; deux académies au moins proposent ce type d’application. Dans un souci d’efficacité, il serait utile d’organiser au plan national la mutualisation des outils de suivi ainsi créés et, le cas échéant, leur diffusion.

 Formation

Des commandes sont parfois adressées à l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) pour une identification systématique des compétences du B2i dans les formations prévues ou pour la création de modules de formation spécifiques durant l’année scolaire 2001-2002. Il apparaît clairement, à travers les études conduites dans les collèges, que la formation des enseignants demeure un point clé : les professeurs ressentent fortement le décalage entre les compétences attendues des élèves et leurs propres compétences ; d’autre part ils utilisent encore trop peu les technologies de l’information et de la communication dans leurs pratiques pédagogiques. Les enquêtes menées depuis deux ans dans certains IUFM sur les cohortes d’entrants en formation initiale montrent de nets progrès dans l’équipement individuel, la pratique du traitement de textes et l’usage du courrier électronique, mais révèlent des savoir-faire très rudimentaires, y compris dans ces domaines. Formation initiale et formation continue sont à poursuivre, voire à amplifier.

B2i et continuité des apprentissages

 Dans plusieurs académies on souligne l’intérêt stratégique du B2i pour renforcer les liaisons écoles-collèges, et on porte un soin particulier à afficher ce lien tant dans la communication (même courrier adressé aux IEN et aux principaux de collèges) que dans l’animation (réunions de proximité à public mixte premier et second degré). Une académie a également cherché la complémentarité collège-lycée, en adressant le même courrier d’information sur le B2i aux principaux et aux proviseurs.

En ce sens, et au moment où l’attention se porte tout particulièrement, à la rentrée 2001, sur la classe de sixième, le B2i fait partie d’un ensemble de thèmes à traiter de manière conjointe par les corps d’inspection du premier et du second degré, ensemble qui comprend également l’exploitation des évaluations nationales en mathématiques et en français à l’entrée en sixième, le suivi des élèves en grande difficulté, la continuité de l’apprentissage des langues vivantes entre école et collège, ou la rénovation de l’enseignement des sciences et de la technologie. Le regroupement de ces divers domaines donne une importance toute particulière, et une cohérence nouvelle, aux actions conduites à la charnière cycle 3 – sixième.

Majoritairement, l’année scolaire en cours est considérée dans les académies comme une année de mise en route, d’information et de sensibilisation. Un environnement favorable s’est progressivement mis en place, qui réunit animation, production et diffusion via le site académique. Le volet formation est plus difficile à évaluer à ce jour, les actions nouvelles n’étant observables dans les IUFM qu’en 2001-2002.

Le CTICE est le plus souvent le coordonnateur académique ; quelques inspecteurs à compétence pédagogique (IEN et IA-IPR) s’investissent également auprès des enseignants.

Le B2i prend sa place dans les actions menées pour renforcer l’indispensable liaison entre le cycle 3 et la sixième comme, plus rarement, entre la troisième et la seconde.

Observations faites dans les collèges et les

écoles

 Dans les collèges

 Six collèges par académie devaient faire l’objet d’une visite et d’un recueil approfondi d’informations : trois avant le mois de mars, trois avant la fin du mois de juin. Ainsi qu’il était suggéré dans le protocole, les collèges n’ont pas été choisis en fonction du critère “ place faite au B2i dans le collège ”, mais étaient ceux dans lesquels les IA-IPR se rendaient en inspection. Certes on signale que, dans un collège, la visite de l’inspecteur annoncée le 16 mai a fait découvrir l’existence du B2i, mais cela reste exceptionnel. On note au contraire des évolutions très sensibles entre les deux séries de visites : manifestement le second semestre de l’année scolaire a été mis à profit pour engager une vraie réflexion interne dans les collèges, à défaut d’engager massivement la validation des élèves.

En février – mars la réflexion restait limitée au personnel de direction et à un petit nombre d’enseignants dont, toujours, les professeurs de technologie. Ils étaient parfois les seuls. Pour des raisons de calendrier les parents étaient rarement déjà informés. Fin juin, le sujet a été présenté au conseil d’administration, des groupes d’enseignants se sont constitués et ont travaillé sur l’organisation des validations. De nombreuses interrogations sont formulées, ce qui traduit à la fois le sérieux de la réflexion et la perplexité devant cet “ d’objet pédagogique” d’une nature inhabituelle qui consiste à valider des compétences acquises en dehors de programmes spécifiques, et sans s’appuyer sur des épreuves, des contrôles ou des examens.

La validation du B2i niveau 1 est une première étape envisagée par les collèges ; toutefois ils déclarent à 70 % qu’aucun élève du collège n’aura cette attestation cette année (il pourra y avoir une partie des compétences validées) ; dans 20 % des collèges quelques élèves auront l’attestation cette année ; dans 10 % des collèges tous les élèves de sixième auront l’attestation, délivrée sous la responsabilité du professeur de technologie.

La validation du B2i niveau 2 est déclarée impossible cette année dans 80 % des collèges et possible pour quelques élèves de troisième (classes à projet, classe à option technologique) dans 20 % des collèges. Certains collèges visités envisagent une attribution massive du B2i aux élèves de troisième en 2001, mais en mettant en place une préparation au B2i (indiquée dans le cahier de textes) suivie de l’organisation d’un examen. Les premières données recueillies par la direction de l’enseignement scolaire confirment ces ordres de grandeur.

De nombreux facteurs, traités plus en détail dans la suite de ce chapitre, contribuent à expliquer les difficultés rencontrées. Les plus déterminants semblent être :

  • le statut du B2i : cette nouveauté institutionnelle soulève des interrogations ; est-elle effet de mode ou disposition pérenne ? Quel est son positionnement par rapport aux missions déjà confiées au collège ? Quel sera son lien avec le nouveau “ brevet d’ études fondamentales ” ? Quelle est l’utilité pour l’élève de posséder cette attestation ? Y a-t-il une suite ?Les objectifs doivent être réaffirmés avec force et ré expliqués.
  • l’impréparation psychologique et technique du corps enseignant : la validation du B2i représente une nouvelle tâche pour les professeurs des disciplines générales ; beaucoup se sentent, de plus, dans l’incapacité d’évaluer des compétences qu’eux-mêmes ne maîtrisent que partiellement. Il est indispensable de les convaincre et de les former.
  • le partage des responsabilités : la validation du B2i concerne a priori tous les membres de l’équipe éducative d’une même classe et, d’une année à l’autre, des divers niveaux ; cela fait apparaître des besoins d’organisation interne, de coordination et de suivi. La mise en œuvre nécessite un accompagnement méthodologique et des outils opérationnels.

Au-delà des nombreuses interrogations soulevées par le B2i dans les collèges, il faut noter l’intérêt, et peut-être les espoirs, que suscite chez un petit nombre de principaux et de professeurs, l’apparition d’une forme d’évaluation originale “ en positif ” qui atteste des acquis au lieu de sanctionner des manques, initiée par l’élève et intervenant au cours de sa formation.

Les équipements

On ne considère ici que les matériels utilisables par les élèves.Dans tous les collèges visités la disponibilité d’un nombre suffisant d’ordinateurs récents et accédant à internet est citée comme élément propre à faciliter la mise en œuvre du B2i. Les inspecteurs visiteurs ne font cependant pas de l’équipement actuel un frein véritable. De fait 95 % des collèges disposent à la fois d’une salle multimédia et de salles équipées dédiées à la technologie, les autres n’ayant que l’une de ces deux catégories ; tous ont des CDI équipés ; 90 % ont au moins un accès à internet pour les élèves (et il peut s’agir de toutes les machines d’une salle en réseau) ; 60 % disposent de matériel transportable (chariot multimédia ou ordinateur portable et vidéo projecteur) ; 70 % ont des ordinateurs installés dans des salles spécialisées (sciences, mathématiques, langues, arts plastiques, éducation musicale). Un collège indique le prêt de longue durée, aux élèves, d’ordinateurs de bureaux donnés par des entreprises à l’occasion du renouvellement de leurs équipements.

Partout on signale des projets en cours : achats sur fonds propres d’ordinateurs ou de vidéo projecteurs, mise en réseau de salles, câblage de tout ou partie du collège par le conseil général, dotations attendues. Nul doute que, dès à présent et plus encore l’année prochaine, le matériel nécessaire soit disponible. L’enquête menée conjointement par la direction de l’administration et la direction de la technologie sur les équipements informatiques à usage pédagogique (ETIC) devrait le confirmer.

Un frein cité assez fréquemment concerne toutefois les accès à internet : s’ils existent presque partout, ils sont toutefois décrits comme lents, incommodes avec un groupe d’élève, voire “ chaotiques ”. La constitution de réseaux internes et la disponibilité de hauts débits représentent des conditions préalables à des usages pédagogiques collectifs d’internet. Le câblage des collèges n’est pas encore un principe acquis dans tous les départements.

On signale de temps à autre que la délivrance du B2i pourrait devenir pour les collectivités territoriales un élément de preuve de l’utilité de leurs investissements. Les conseils généraux disposent là, enfin, d’un outil simple, quantitatif et objectif permettant une forme de mesure de l’usage de l’informatique au collège, alors que rien ne permettait de répondre, auparavant, à leur demande légitime d’évaluation de l’impact des efforts financiers consentis.

 La maintenance – l’information – la coordination

 Que ce soit pour assurer un bon fonctionnement des matériels et des réseaux ou pour impulser différentes actions intégrant les TIC dans l’établissement, la présence de personnes ressources est toujours déterminante. Par exemple, la crainte d’une panne ou d’un incident technique est indiquée comme l’un des freins majeurs à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans les disciplines. La présence d’une personne ressource disponible lève ces réserves. Dans presque tous les collèges ces personnes peuvent être trouvées : anciens “ formés lourds ”, professeurs de technologie, enseignants autodidactes ou ayant suivi des stages académiques, documentaliste parfois, voire principal ou principal adjoint. Des aides éducateurs renforcent, le cas échéant, le potentiel local de compétences.

Le temps consacré aux activités de maintenance, d’organisation et d’animation excède, dans les déclarations, six heures hebdomadaires, en moyenne. La reconnaissance institutionnelle (sous forme de décharge de service ou d’heures supplémentaires annuelles) est nulle dans 30 % des collèges, de 1 ou 2 heures dans 40 % des collèges, comprise entre 3 et 6 heures dans 20 % des collèges. Les autres cas, exceptionnels, correspondent à la présence d’enseignants en sous service, ou en surnombre (réadaptation par exemple). Il est clair que les énergies s’érodent peu à peu.

La réflexion interne sur la faisabilité, dans le collège, du B2i est le fait de l’équipe de direction, des personnes ressources et des enseignants de technologie. Un “ comité des TICE ” constitué dans un collège s’est vu confier les tâches d’information et d’organisation. Comme pour toute opération nécessitant l’intervention de plusieurs professeurs, des temps de concertation sont indispensables. Il conviendra désormais de suggérer aux principaux de collège de consacrer du temps à l’organisation du B2i durant la pré rentrée. Cela peut concerner un groupe ad hoc, ou toutes les équipes pédagogiques de sixième, en relation avec les écoles du secteur, et les équipes de troisième.

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